Accéder au contenu principal

Un magistrat à la tête de l'IGPN ! Encore...

Chers collègues,

C'est avec déplaisir que nous avons appris cette semaine la nomination, pour la deuxième fois consécutive, d'un magistrat à la tête de l'IGPN.
Nous l'avions déploré en 2022. Nous ne renions rien de nos propos de l'époque (09/07/2022 - Nomination d'une magistrate à la tête de l'Inspection Générale de la Police Nationale).

Dès l'annonce du départ de Mme Thibault-Lecuivre, nous avions pris attache avec le cabinet du ministre de l'Intérieur pour faire passer un message clair. Nous estimions que ce poste devait revenir à un policier, tout en rappelant que quelle que soit la personnalité choisie, elle devait être de grande expérience au vu de la place protocolaire du chef de l'IGPN dans la hiérarchie policière.

Si nous avions choisi de ne pas faire publicité de notre action, alors que nos collègues du SCPN publiaient une lettre ouverte sur le sujet, sur le fond, la parité syndicale partageait la même position ferme. Nous regrettons qu'elle n'ait pas été entendue.

Nous n'avons bien sûr aucune prévention, à titre personnel, contre le magistrat qui vient d'être nommé et travaillerons avec lui en bonne intelligence. C'est sur le principe que nous sommes inquiets ; parce que nous pensons que cette nomination est une offrande repentante à tous ceux qui pensent que la police est violente, que la police tue, que la police se couvre. Tous ces lieux communs qui ne sont appuyés sur aucune étude sérieuse, sinon celle du bruit médiatique. Pourtant, jamais en nous soumettant aux diktats mous et bien-pensants d'un certain milieu politico-médiatique, nous n'avons obtenu son soutien. Au contraire, à chaque fois nous l'avons conforté dans son travail de sape des valeurs républicaines.

Si le but actuel du ministère de l'Intérieur est de rétablir l'ordre, il doit commencer par croire en lui-même, en ses valeurs, dans les femmes et les hommes qui le composent. Et même si le cabinet nous a assuré qu'il ne s'agissait en rien d'une mesure de défiance, nous regrettons de devoir dire que le corps de conception et de direction de la police nationale le ressentira sans aucun doute comme telle.

Peut-être l'affront réitéré sera-t-il lavé quand nous aurons obtenu qu'un membre du corps de conception et de direction de la police nationale soit nommé à l'un des plus hauts postes au sein de la magistrature. Ce serait un excellent signal, au moment où l'on se félicite de la "convergence inédite" des deux ministères. Nous nous tenons à la disposition du ministre de la Justice pour en discuter.

Bien à vous toutes et tous,

L'équipe du SICP